"La piste Pasolini", Pierre Adrian2016

À 23 ans, Pierre Adrian part pour l’Italie sur les traces d’un écrivain insaisissable et fascinant : Pier Paolo Pasolini. Du « Frioul vide et infini » aux errances dans Rome et ses « nuits sans frein », il hume, palpe cette vie à fleur de peau, à rebours de tous les clichés.

Magnifique quand il provoque la société, Pasolini n’a cessé de bousculer les idées reçues. Quarante ans après son assassinat, il reste vivant au point de nous brûler. Premier détracteur des téléviseurs et de la vie quotidienne, il s’attaque à la société de consommation, loue les joies du football et de la vie pastorale, s’insurge contre la tiédeur bourgeoise, les sentiments institués, et s’acharne à tout désacraliser. Pour s’approcher davantage du sacré.

Un récit de voyage au plus près de Pasolini, une enquête incarnée, mais aussi la quête d’un frère, d’un maître, d’un « meneur d’âmes, meneur de nos petites âmes paumées du nouveau siècle ».

 

Né en 1991, Pierre Adrian vit à Paris. La Piste Pasolini est son premier livre.

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"L'écrivain national", Serge Joncour2015

Le jour où il commence sa carrière d’écrivain à Donzières, une petite ville du centre de la France, Serge découvre dans la gazette locale qu’un certain Commodore, vieux maraîcher à la retraite que tous disent richissime,a disparu sans laisser de traces. On soupçonne deux jeunes « néoruraux », Aurélik et Dora, de l’avoir tué. Mais, dans ce fait divers, ce qui fascine le plus l’écrivain, c’est une photo : celle de Dora dans le journal. Dès lors, sous le regard de plus en plus suspicieux des habitants de la ville, cet « écrivain national », comme l’appelle fièrement Monsieur le Maire, va enquêter à sa manière, celle d’un auteur qui recueille les confidences et échafaude des romans, dans l’espoir de se rapprocher de la magnétique Dora.

Dans une atmosphère très chabrolienne, Serge Joncour déroule une histoire à haute tension et les quelques semaines de tranquillité que promettait ce séjour d’écriture se muent, lentement mais sûrement, en une inquiétante plongée dans nos peurs contemporaines.

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"La route du salut", Etienne de Montety2014

Bosnie, années 90. Deux jeunes hommes venus de France se battent contre les Serbes. Mosko est un fils d’immigrés polonais. À la faculté de Nanterre, il fait la connaissance d’un étudiant musulman qui oriente sa vie vers l’islam. Lors de l’éclatement de la Yougoslavie, il rejoint les moudjahidine, venus prêter main forte à leurs frères bosniaques… Fahrudin, lui, est un fils de Bosniaques arrivés en France après la mort deTito. Il a grandi dans une cité de la banlieue rouennaise, avant de s’engager dans la Légion étrangère. Quand la guerre éclate, il déserte et regagne la Bosnie. Deux destinées singulières se rencontrent, alors que la guerre embrase de nouveau le cœur de l’Europe. En faisant revivre le conflit en ex-Yougoslavie, La route du salut offre un éclairage profond et sincère sur l’engagement, la foi, les vertus militaires et leurs limites, et sur la montée des identités dans l’histoire récente du vieux continent. 

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"Immortel, enfin", Pauline Dreyfus2013

1968. Cinquième candidature de Paul Morand à l’Académie française. L’écrivain n’est plus l’auteur glorieux des années 30. Il a « perdu sa guerre ». Il a 80 ans. Dix ans plus tôt, le général de Gaulle, lui reprochant sa collaboration avec le régime de Vichy, a refusé qu’il entre sous la Coupole. Pour qui sent la mort approcher, l’Académie n’est-elle pas la promesse de devenir immortel ?
Et voici le récit de sa campagne, sa dernière campagne. On croise, dans son fameux salon du Champ-de-Mars, à Paris, Jean d’Ormesson, Patrick Modiano, Alexandre Vialatte, mais aussi une jeune étudiante au Conservatoire qui s’est présentée pour faire la lecture à sa femme, Nathalie Baye. Le portrait vif, piquant, morandien, somme toute, d’un homme réconcilié avec lui-même et d’un écrivain parmi les plus grands.

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«Le souvenir du monde », Michel Crépu2012
Texte anglais
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« "Fruits et légumes" Ed. Albin Michel », Anthony PALOU2011
Texte anglais
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"Le rêve entouré d'eau", Bernard Chapuis2010

Une nuit d’été, au bord de l’eau. On boit, on fume. La conversation s’arrête sur ces objets qui ont marqué les uns et les autres et dont la vie a peu à peu estompé la trace. Objets perdus, rêves sans lendemains. Parfois, les rêves et les objets disparus ne sont pas sans réalité. Et la selle d’un cavalier indien, un lit de bois précieux, une épée de Touareg, un pin du Japon vont surgir de l’oubli où ils patientaient en secret.
Cela aurait sans doute été inconcevable si l’ethnologue Julien Cézat n’avait disparu dans un accident d’avion en 1996 et si ses amis n’avaient adopté et élevé ses quatre enfants, au sein d’un clan à l’imagination fertile. Talbeau, grand avocat international, finance la tribu et ses expéditions. Valentine, à soixante-neuf ans, tient un rôle de mère de famille auquel rien ne la prédestinait. Elle ira récupérer en Suisse, chez une vieille cousine, ce lit de bois précieux légué par son père et arraché aux nazis. Elle en revient avec deux chats, en compagnie de Luca, photographe de charme sexagénaire, et de Bichot, professionnel sans profession. On retrouvera ce dernier au Sahara, aux côtés d’Armand, fils de Julien Cézat, qui n’a jamais cessé de penser à une épée offerte à son père par un guerrier touareg, et enterrée depuis trente ans dans le désert.
De la première à la dernière ligne, Bichot, l’homme aux amours vagues, accompagne le lecteur, confident amusé ou ému de ses silences et de ses hésitations. Il accomplira l’ultime de ces voyages sans objet à la recherche d’un pin du Japon et d’une femme aimée.

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"L'heure de la fermeture dans les jardins d'Occident", Bruno de Cessole2009

Philippe Montclar, jeune étudiant en lettres en quête d’absolu, rencontre par hasard, dans les allées du jardin du Luxembourg, Frédéric Stauff, philosophe que l’intelligentsia parisienne a d’abord porté aux nues puis excommunié. Fasciné par le personnage dont nul ne parle plus, il enquête sur son passé et cherche à le revoir. Peu à peu se noue entre eux une relation amicale qui évolue vers des rapports de maître à disciple. Au fil de déambulations dans les jardins et les cimetières de Paris, de conversations dans les arrière-salles de cafés, Frédéric Stauff confie au jeune Montclar l’histoire de sa vie, sa conversion à un mode d’être obscur et anonyme qui prône le suicide comme seule issue philosophique à l’existence, le seul acte créateur de liberté. Pour le convaincre, il lui raconte les échecs splendides de vies exemplaires : Senancour, Leopardi, Cingria, Walser, Nietzsche... Pourquoi Montclar, d’abord fasciné, va-t-il se mettre à douter de son maître ? Un voyage à Rome auprès d’un ancien camarade spécialiste du suicide dans la Rome antique l’amène à se demander s’il n’est pas manipulé par un héritier des sophistes. Ariane, maîtresse de Montclar, sera l’instrument du destin.

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"Quelque chose à cacher", Dominique Barberis2008

Une femme a été retrouvée morte dans l'ancienne propriété de sa famille où elle était revenue pour la nuit. Que s'est-il passé ce soir de pluie et d'automne au bord de la Loire entre le restaurant des Chaînes d'Or, le musée communal et l'étroit chemin qui sépare le cimetière du mur de la propriété ? 

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"Fils unique", Stéphane Audeguy2007

"On n’a plus eu de ses nouvelles depuis ce temps-là, et voilà comment je suis demeuré fils unique», écrit dans ses Confessions Jean-Jacques Rousseau en évoquant son frère aîné, ce François Rousseau contraint de quitter Genève où les choses pour lui avaient mal tourné. Jean-Jacques tenait François pour un polisson et un libertin. Ce dernier apparemment ne l’a jamais démenti, qui n’a pas jugé nécessaire de nous laisser récit de sa vie. Il m’a semblé intéressant de remédier à cette négligence." S. A.

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"Une adolescence en Gueldre", Jean-Claude Pirotte2006

J’ai cru reconnaître la jeune fille rêveuse aux belles épaules qui est entrée dans la taverne ce soir-là. Elle s’est assise à la table du coin, où je pouvais l’observer, et, lorsque le cabaretier s’est approché d’elle avec le falot, j’ai surpris dans son regard comme un éclat de larmes. Elle a penché le visage vers la lumière, et les traits étonnamment purs et doux de la Madeleine du Maître des Demi-Figures sont apparus dans un halo tremblant. Elle avait maintenant les yeux baissés du portrait, et ses longues paupières à la transparence bleutée. Le menton mince dessinait une ombre sous l’ovale de la joue, et la bouche petite à la lèvre inférieure légèrement gonflée se retroussait un peu dans une esquisse de sourire secret. Il y avait jusqu’à la raie médiane de la chevelure, et la boucle folle en forme d’anglaise, et l’élégance du chignon tressé qui dégageait la nuque et la courbe du col, et les épaules si pleines et si vivantes, il y avait tout cela qui faisait de la jeune fille, non la parente du modèle, mais le modèle même, absolument présent, merveilleusement inaccessible et miraculeusement offert.

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"Retour à Zornhof", Gérard Oberlé2005

C’est l’ultime pèlerinage d’un écrivain insoumis. Henri Schott est un homme des sentiments anciens qui ne reconnaît plus le monde où il vit désormais. Il pressent, en son âme « charbonneuse «, que ce retour à Zornhof, un bourg forestier du plateau lorrain où il avait passé ses étés d’enfant, le porte une dernière fois vers cette terre ombreuse aux confins de l’Est dont il est issu. Passé et présent, réel et rêverie, drôlerie et douleurs se mêlent bientôt en une ronde macabre. Surgissent alors de sa mémoire les âmes bouffonnes ou tragiques de Zornhof : une « cow-girl « des Vosges, un fils de la forêt, Gus, « vidame de la braguette «, une Baba en sabots qui lance des pierres. Retour à Zornhof est une Odyssée immobile, un voyage d’hiver, tantôt fiévreux. Tantôt nostalgique, rythmé par les mélodies du cycle de Schubert. Réconcilié avec lui-même, comme apaisé, Henri Schott pourrait reprendre les paroles de la mélodie : "Je suis arrivé au bout de mes rêves. Pourquoi m’attarder
parmi les dormeurs ?"

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"La Dormeuse de Naples", Adrien Goetz2004

La Dormeuse de Naples est l’un des tableaux les plus mythiques de l’histoire de la peinture. C’est un chef-d’oeuvre d’Ingres. Il a disparu. Déjà au XIXe siècle, personne ne savait ce qu’il était devenu après la chute de Murat et le retour des Bourbons à Naples. Au même format que la célèbre Odalisque, il montrait une femme nue, blonde européenne qui répondait à la brune orientale du Louvre. Dans le Paris des années romantiques, devant la baie de Naples ou dans les paysages de la campagne romaine, les peintres, fascinés par cette histoire, cherchent la Dormeuse.
Qui était le modèle ? Où se trouve le tableau ? Trois cahiers manuscrits invitent à mener l’enquête: s’il faut en croire leurs signatures, l’un serait une confession d’Ingres, l’autre aurait été écrit par Corot et le troisième par un artiste inconnu, ami de Géricault, dans le secret des ateliers.

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"Exhibition", Michka Assayas2003

Exhibition commence dans la vallée de Chevreuse. Drôle d’endroit pour le déballage intime. Et pourtant, au fil des lignes apparaît Philippe. À moins que ce ne soit, évidemment, Michka Assayas en personne. L’enterrement de la mère de ses amis d’enfance permet au narrateur de se retourner sur les années passées. De «déballer» sur un père italien absent, sur une mère égocentrique, une grand-mère attentive. Sur les amis qui ont réussi. Ceux qui ont raté. Sur ses propres erreurs… Le sujet n’est pas nouveau mais il y a dans la prose d’Assayas, ironiquement désespérée, quelque chose de profondément mélancolique et attachant. Peut-être cela tient-il aussi à la description des années 80. De ce que ces années avaient de fou et d’excitant, entre engagement politique, passion, fourmillement de musiques, de recherches en tout genre. Les années rock dont Philippe connaît les moindres notes. Peut-être fut-ce d’ailleurs sa seule vraie passion tout au long de ces années ? Mais nous voilà maintenant en l’an 2000, où l’on ressort des placards la musique de ces années-là, où l’on cherche de nouvelles excitations sexuelles dans le vinyle, la soumission, où l’on se rencontre par écran interposé… Oui, décidément, ce roman transpire la solitude. Une solitude analysée, parfois recherchée.
Des occasions manquées, des ratages professionnels, des amis en retrait… Des années actuelles au marasme d’aujourd’hui, c’est toute une génération qui perd ses repères, ses envies, ses rêves. Mais jamais, à l’image de Philippe, son humour désespéré. Ses interrogations sur l’évolution d’une société devenue malade d’images, d’exhibition, de cynisme touchent juste.

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"Je suis dans les mers du sud, sur les traces de Gauguin", Jean-Luc Coatalem2002

C’est le cliché sépia d’une Anglo-Polynésienne, acheté aux enchères par l’auteur, qui le pousse à partir, soudain, sur les traces de Paul Gauguin. Qui était cette jolie vahiné ? Et surtout pour quelle raison l’artiste peignit-il le visage cireux de son fils, Aristide, dit Atiti, le jour de sa mort à Papeete ? Quelle blessure intime ce tableau ravive-t-il chez Jean-Luc Coatalem ? Commence alors une traque, minutieuse mais fulgurante, où l’on comprendra que Gauguin, « Inca » halluciné, « Péruvien à la bourse plate », fuit la réalité pour se trouver lui-même, renverse tous les clichés sur l’exotisme, à en perdre la raison, jusqu’au fonds du puits du Jouir. Voici une enquête, spirituelle, humaine, géographique. Un voyage au long cours en Bretagne, Hollande, Danemark, Panama, Martinique, Tahiti, et les lointaines mers du Sud, avec pour compagnons les peintres, les créanciers, les marchands du culte, les vahinés, l’océan, et au bout la solitude. Quel est le vrai Gauguin ? Un affairiste courant après la vente ? Un égoïste pourtant père de famille, abandonnant ses cinq enfants à Copenhague ?
Un mystique réconcilié avec lui-même, peintre apaisé, dont la main fut guidée par les dieux maoris ? Un morphinomane des îles Marquises ? « Où irons-nous demain, nous qui désirons sans fin ? »

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"Le portail", François Bizot2001

Ce voyage en pays khmer, orchestré par un homme d’exception, l’ethnologue François Bizot, est un parcours quasi-initiatique. S’il fut prisonnier des révolutionnaires khmers rouges pendant trois mois en 1971, touchant du doigt l’atroce et l’innommable, Bizot fut aussi un interlocuteur privilégié de Douch, son tortionnaire cambodgien. Cet homme deviendra d’ailleurs l’un des plus terribles chefs de guerre du siècle.
Trente ans après, à travers ce témoignage d’une sensibilité et d’une intelligence remarquables, l’auteur revient sur cette expérience traumatisante et met ainsi le doigt sur les paradoxes de l’être
humain, sur les rapports ambigus entre victime et bourreau et sur la quête d’idéal, présente en chacun de nous et coupable des pires atrocités. Sa connaissance de l’Asie du Sud-Est et du bouddhisme fait de son ouvrage un document exemplaire, une véritable leçon de vie.
François Bizot est aussi l’auteur de deux autres ouvrages, consacrés à ses recherches en Asie Le Chemin de Lanka et La Guirlande de joyaux.

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"La vraie joie", Philippe Hermann2000

Parfois, je pense encore que je pourrais ranimer, par un simple effort de ma volonté, les jours que j’ai lassés s’enfuir sans les connaître, les jours déjà anciens et légendaires où je pouvais me rendre rue du Nouveau-Siècle, monter quelques marches, frapper à une porte de bois verni et voir le visage de Wanda, d’abord craintif et incertain, me sourire enfin. Cette illusion renaît surtout vers la fin du jour, quand mon ombre s’étend dans les rues froides. La lumière a été maigre toute la journée, et déjà les quelques personnes que j’aperçois se hâtent vers le journal télévisé et le repas du soir. Leur peau est blafarde, une peau de mars, une peau d’hiver long et humide, et sur celle des hommes des picots noirs dessinent un masque de fatigue. Ici, dans ce quartier, les gens ne partent pas à la neige, ils ne fêtent pas la nouvelle année sous les tropiques. Moi non plus, mais peu importe. Je ne veux pas m’éloigner de ces avenues et de ces places où je marche au hasard, même si un événement incompréhensible a tranché ma vie entre un avant et un après, sans que mes actes désordonnés puissent rien y changer. "Une confession terrible, une plongée lucide, cruelle... et drôle dans la réalité implacable de cette fin de siècle."

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"La chambre des officiers", Marc Dugain1999

Adrien voit sa vie changer lorsqu’on lui apprend qu’il doit défendre sa patrie dans la guerre. Du haut de ses 22 ans, le petit Provincial s’engage dans les rangs des français. Mais à peine va t-il commencer que la guerre est déjà finie pour lui  ses bataille dans les tranchés mais il nous parle de l’horreur de la guerre dans le mental des Soldats. L’après guerre est le plus dur ; le regard des gens surtout mais aussi, pour certains, le rejet des gens qu’on aime …
Le passage m’ayant donner envie de réagir c’est quand l’ancien patron d’Adrien ne l’a pas engagé car il était défiguré. Il pense qu’avec son visage il ne pourra plus vendre. Cela me met hors de moi puisque pendant tout le long de son séjour au val-de-grâce, il n’a pensé qu’aux regards des autres lorsqu’il sortira. Et quand enfin il prend confiance en lui on le rejette.

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"Alexandrie", Daniel Rondeau1998

Alexandrie, c’est d’abord un souvenir. Celui du phare, le Pharos, qui nous parle d’une cité-monde dessinée sur le sable d’Afrique par Alexandre, avant qu’il n’entre en Asie comme un cyclone avec son escorte de savants et de mages. Le phare nous parle d’une flamme qui brillait entre le ciel et la terre, des hommes et de leurs navigations, de la guerre, de la politique, du savoir et de la littérature, de la disparition de toutes choses, c’est-à-dire du destin. Plus de deux mille ans après Alexandre, deux romanciers de passage, Durrell et Forster, et un poète grec qui vivait au-dessus d’un bordel, Constantin Cavafy, ont rendu à cette cité à la dérive sa grandeur d’imaginaire. 
Daniel Rondeau fait le portrait de cette capitale de la mémoire et du savoir, charnière du monde entre l’Orient et l’Occident, mais qui est aussi cette cité spirituelle où les hommes se sont toujours posé la question de savoir s’il y avait quelque chose ou quelqu’un entre eux et le Très-Haut.

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"Je suis le gardien du phare", Eric Faye1998

Les neuf récits réunis dans ce recueil tentent de répondre par le fantastique à une question simple : l’homme de la fin du XXe siècle peut-il encore se retrancher du monde, fuir le pluriel au profit du singulier et devenir un électron libre ? Chaque antihéros de ces textes fait ou a fait « l’éloge de la fuite «, que ce soit dans un train, sur une improbable frontière, dans un monastère, dans une ville rayée de la carte ou au sommet d’un phare.
Mais chacun, peu à peu, est contraint de répondre par la négative. Le for intérieur a été anéanti. C’est vers de nouvelles formes de solitude que l’homme doit se tourner. Éric Faye écrit en jouant avec le temps, loin des conventions du naturalisme, et parvient à créer d’étonnants univers où la réalité bascule.

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"Nous serons comme des Dieux", Eve de Castro1997

Philippe d’Orléans, régent de France après la mort de Louis XIV, aime d’une passion interdite l’aînée de ses filles, la scandaleuse duchesse de Berry, qui le comble et le torture. Adélaïde, la cadette, éprise en secret de son père, s’enferme au cloître pour racheter les péchés d’un règne qui viole les lois humaines et divines.
Dans l’ombre, dévorée elle-même de désir jaloux, elle dresse le procès d’un amour au-delà du bien et du mal. Autour de ce drame intime et cruel, l’auteur des Bâtards dit soleil et d’Ayez pitié du coeur des hommes (prix des Libraires 1992) brosse une fresque somptueuse, parsemée de dialogues étincelants, où revit dans sa vérité une des époques les plus fascinantes de notre histoire.

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"Barbe à papa", Eric Neuhoff1996
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"Monsieur Henry", Pierre Charras1995

J’ai toujours éprouvé pour moi-même une réelle méfiance» qui constitue, je crois bien, le seul héritage que m’aient laissé mes parents. Oh, je ne leur reproche rien. Nous n’avions vraiment aucune raison de mettre une quelconque arrogance dans les regards que nous portions sur le monde. Je pourrais même avouer que nous étions pauvres. Mon père, lui épaté par les palabres à la radio, répétait, sentencieux : « Qu’est-ce qu’on est cons ! « Alors, des pauvres cons ? Il faudrait vérifier. Faire des tests.»

C’est un roman. Un roman d’amour. D’amours, au pluriel. Le narrateur a aimé Marie-Claire, Eva, un petit peu Hélène aussi. Il a aimé son père, énormément. Il est tout traversé de tendresses. C’est dire comme le monde qui l’entoure peut lui paraître étrange et comme il lui semble naturel de s’entretenir avec un homme disparu il y a quarante ans, tout « plein de larmes».

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"Annam", Christophe Bataille1994

En 1787, l’évêque Pigneau de Bréhaine arme deux navires pour sauver le Viêt-nam de la guerre et de l’impiété. Après une longue et périlleuse traversée, soldats et missionnaires débarquent enfin dans l’épaisseur verdoyante et les marécages d’un nouveau monde. Ils ignorent encore qu’au bout de cette splendide quête initiatique surgiront la mort et l’oubli.

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"Le très-bas", Christian Bobin1993

Le Très-Bas n’est pas une biographie ni une hagiographie comme les autres. C’est une promenade, telle que Bobin les affectionne, au coeur de l’âme, celle de ce beau jeune homme qu’était François d’Assise. Il en visite les images les moins connues : celle de l’enfance dont les Textes ne disent rien, celle du jouisseur de la vie et de ses plaisirs, rêvant de chevalerie et de belles princesses. Il cueille au passage les couleurs et les étoiles que contient chacun de ses livres : la beauté des mères, l’amour, l’éternel, la joie, l’enfant, l’ange et le sourire de Dieu. Si François d’Assise est un saint, c’est parce qu’il est un «merveilleux conducteur de joie» et parce qu’il a compris que «la vérité n’est pas dans la connaissance qu’on en prend mais dans la jouissance qu’elle donne».
Christian Bobin a semble-t-il trouvé en la vie de François d’Assise une très fidèle illustration de ce chemin qui parcourt l’ensemble de son oeuvre (citons La Part manquante, Éloge du rien, La Souveraineté du vide…). Celui qui conduit au dépouillement et à l’amour, au don et à l’adhésion à la vie.
--Laure Anciel

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"Au péril de la mer", Bruno Racine1992

Située dans le Pacifique, l’île de Soaru (dans la réalité : Noru) est exploitée (au sens cruel du mot) par les hommes de la Compagnie forestière du Pacifique - compagnie à laquelle elle est liée par un contrat draconien (bien sûr...). L’île est à ce point surexploitée, pillée, ravagée qu’une de ses parties menace de s’effondrer. Les représentants politiques du peuple de l’île veulent renégocier le contrat qui les lie à la Compagnie... Pour ce faire, ils font appel à l’arbitrage d’un avocat international et l’histoire poignante de Soaru va devenir aussi l’histoire émouvante de cet homme qui, les réunions des parties en conflit devant se dérouler à Rome, ne peut que retrouver, à Rome où elle habite, une jeune femme qui fut dans sa vie et avec laquelle il a rompu sans savoir pour quelles précises raisons... L’événement géologique qu’incarne cette île menacée va s’imbriquer, pour le narrateur et pour le lecteur, dans un événement psychologique...

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"Sade Vivant", Jean-Jacques Pauvert1991

Plus encore qu’Une innocence sauvage, premier tome de Sade vivant, ce deuxième volume modifie, parfois du tout au tout, l’image conventionnelle de Sade et ce qu’on pensait savoir de sa vie - et de son oeuvre. Pour la première fois, sont mises au jour les véritables raisons de sa longue détention (sept ans au fort de Vincennes, cinq ans et demi à la Bastille). Raisons juridiques au départ, mais ensuite, totalement ignorées jusqu’ici, raisons littéraires. Le comte de Sade, d’ailleurs (et non le marquis) n’a jamais été condamné à quoi que ce soit... Non, ce n’est pas en prison que Sade a commencé à écrire, et il y a écrit beaucoup moins qu’on le prétend. La genèse de son oeuvre de prison est suivie ici pas à pas pour la première fois et l’on peut enfin comprendre Sade. Non, après sa libération de 1790, Sade n’a pas passé les premières années de la Révolution comme le petit-bourgeois frileux et opportuniste qu’on nous présente généralement. Son rôle révolutionnaire a été au contraire extraordinairement actif, au côté, non pas des Jacobins au pouvoir, mais des plus extrémistes des forces nouvelles : les Sans culottes. Et ce n’est pas pour «modérantisme» qu’il est arrêté en décembre 1793, mais au contraire pour un activisme forcené qui a déplu à Robespierre. Pour la première fois, l’extraordinaire complexité du «cas Sade», et c’est un des principaux intérêts de cette biographie, est étudiée dans son ensemble, sans parti-pris personnel. Mais aussi, et pour la première fois également, ce personnage mal connu, méconnu, est replacé dans une époque où il est toujours, paradoxalement, à la fois complètement exceptionnel et parfaitement représentatif. Plus qu’une simple biographie de Sade, cet ouvrage est donc un travail historique d’ensemble de première importance, qui nous explique toute une époque en même temps qu’un personnage sans équivalent dans la littérature de tous les temps et de tous les pays.

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"Roger Nimier", Olivier Frébourg1990

A l’étroit entre une coupe de champagne et le pare-chocs d’une Aston-Martin, la légende de Roger Nimier se confond avec les années 50. C’était l’époque où Doris Day chantait April in Paris, où Jeanne Moreau jouait dans Ascenseur pour l’échafaud, où la littérature devenait une affaire d’Etat. C’était l’époque où Roger Nimier fut enrôlé dans les hussards alors qu’il avait des rêves de franc-tireur.
Comme Rigault, Crevel, Drieu, Huguenin, Nimier eut un destin foudroyé. Depuis plusieurs années, Nimier est entré à l’université. Cet essai, qui s’adresse aux spécialistes des sentiments syncopés, tente de le faire sortir par l’issue de secours.

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"L'impromptu de Madrid", Marc Lambron1989

Madrid, années quatre-vingt. Un jeune diplomate, lassé de Paris et de ses intrigues, cherche l’oubli. Dans une réception, il rencontre Anabel. L’amour est un piège où ils se jettent comme le taureau sur l’épée. Leurs petits jeux nocturnes les entraînent vers une Espagne insomniaque et rapide, dans la fièvre d’un été, le tumulte de la Movida. Ils inventent une passion à fleur de peau, dont le plaisir est la clef, dont la cruauté devient la loi. Roman de hussard, cravaché au cuir andalou ; portrait d’une internationale du plaisir, dans les derniers wagons de l’Europe romantique, L’Impromptu de Madrid marque aussi, par l’élégance de ses pointes, la naissance d’un style et d’un écrivain.
Publié pour la première fois chez Flammarion en 1988, on redécouvre avec bonheur sa grâce, intacte. Une postface inédite de l’auteur évoque la sortie du livre, la fraîcheur, l’enthousiasme d’une époque déjà lointaine.

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"La mille et unième rue", Henri Anger1988

Est-ce dans New York ou plutôt Babylone ? Où donc se trouve la mille et unième rue, lieu mystérieux où survit une humanité fantasque, étrange et drôle ? Un immeuble de quarante étages en instance de démolition. Ses locataires - des originaux -, accrochés aux premiers étages, et qui depuis des années ont vu péricliter la grandeur passée. Au sommet, une horde de squatters sauvages et pacifiques, qui escaladent la façade à l’aide de treuils. Voilà ce que tout condamne, la justice, la police, et les promoteurs à l’affût.
Son propriétaire, héritier ruiné, vieillard pathétique et sublime. Condamné lui aussi, parce que dans ce monde où le bruit efface les mots, il n’y a plus de place pour les dinosaures comme lui, qui aiment la musique et la poésie, l’humour et la dérision. Un homme qui se bat pour repousser l’échéance. Faire reculer la mort.

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"La bataille de Wagram", Gilles Lapouges1987

1797, dans la Vienne fastueuse et bouillonnante de l’empereur François II. Les cuirassiers blancs autrichiens de la duchesse Clémence et les hussards bleus saxons de son époux, le prince de Saxe-Salza, luttent de front contre les armées napoléoniennes. Jusqu’au jour où, exaspéré par la passion qui éclate entre Clémence et le jeune cuirassier contestataire Otto Apfelgrun, le prince le fait transférer dans son propre régiment, placé désormais sous les ordres des Français.
Dans cette cruelle partie d’échecs dont les pièces sont aussi des hommes, les amants, séparés, sont devenus adversaires. Ce sera Wagram et son cortège de souffrances et de morts.
A la nuit tombée, Clémence, folle d’angoisse, parcourt le champ de bataille à la recherche de son amant.

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"Eugénie les larmes aux yeux", Eric Deschodt1986
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"Témoin de poussière", Michel Bretman1986
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"Mémoires minuscules", Arthur Silent1985
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"Patchwork", Jean Vautrin1984

Les enfants du Marquis de Sade et de Coca-Cola font crisser leurs baskets dans les rues de la Ville. Ils s’appellent David, Lollipop, Tim ou Frank ou même Rocky Vélo. Victimes innocentes ou anges exterminateurs, ils annoncent la fin d’un monde - le nôtre - qui n’a que trop duré, et contemplent d’un oeil rêveur les désordres du siècle. Pendant ce temps, loin, très loin du Paradis, les hommes vaquent à leurs occupations, en général peu avouables : violeurs de petites filles, égorgeurs, camionneurs fous, épaves, maniaques en tous genres. Tout cela finira très mal. Telles sont les images que nous propose Jean Vautrin, dans ces douze contes cruels qui composent, à leur manière, un traité de survie à l’usage de toutes les générations.

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"La dernière mise à mort", Michel Haas1983

José-Fernando Esteban, aficionado madrilène, décide d’aller passer quelques mois en Andalousie, sur les terres du comte Alonso de Villanueva, éleveur de célèbres taureaux de combat de race très ancienne. Sous l’apparence unie du quotidien, Esteban découvre les indices d’abord étranges, puis sinistres, d’une tragédie commencée plusieurs décennies auparavant. Des paroles lâchées, comme au hasard, par l’épouse du comte, le délire superstitieux d’un vieux gitan, la légende meurtrière de l’élevage, la révélation progressive par don Alonso lui-même de secrets trop lourds à porter, conduisent vers le terrible dénouement du drame.

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"Macaire le copte", François Weyergans1982

Dans la Basse-Egypte du IVe siècle, Macaire, esclave, pilleur de tombes et moine, s’impose de mener une vie hors du commun, afin de trouver sa vérité.Avant de s’enfoncer pour toujours dans le désert, il rencontrera un magicien, une prostituée, un ermite fou : aucun ne réussira à le détourner de son but. Il souffrira mille morts et finira par oublier qu’il avait voulu devenir un saint.Un magnifique récit, rapide et envoûtant.

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"Sol invinctus, Raymond Abelio1981
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"L'appel des vivants", Roger Garaudy"1980

La spirale de gaspillage des ressources naturelles à laquelle nous assistons, conjuguée à l’escalade des techniques de destruction violente, accule l’humanité au suicide. L’accélération actuelle de la crise de civilisation que nous traversons oblige l’Occident à une remise en question radicale. Pour prendre toute la mesure de cette crise et arriver à la surmonter, Roger Garaudy nous propose une réflexion fondamentale alimentée aux sources des grandes sagesses de cinq millénaires d’histoire (l’Afrique, le Proche-Orient, l’Asie) ainsi qu’à celles des grandes intuitions prophétiques avant de déboucher sur l’exposé d’un projet politique concret faisant appel à la solidarité humaine au-delà des intérêts à courte vue. Un livre d’une grande profondeur, source féconde de réflexion sur le devenir de l’humanité dont chaque homme est responsable avec ses semblables.

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"Le bal des débutantes", Catherine Rihoit1979
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"L'été meurtrier", Sébastien Japrisot1978

Une famille composée du père handicapé, de la mère autrichienne et de leur fille Éliane dite Elle, une pin-up, s’installe dans un petit village de montagne. Très vite, Éliane s’intéresse à Florimond Montecciari, garagiste et pompier surnommé Pin-Pon. Leur liaison passionnée heurte la mère de Florimond, d’autant plus qu’Éliane pose des questions sur le père décédé de Florimond. Il s’avère qu’Éliane est le fruit du viol de sa mère par trois inconnus (le mari de sa mère ne l’a jamais reconnue) dont le père de Florimond. Le père de la famille Montecciari étant décédé, elle met au point une machination pour se venger du duo toujours en vie, et, faisant croire qu’elle est enceinte, se fait épouser de Florimond.
Mais elle découvre qu’elle s’est trompée : son père adoptif avait abattu voici plusieurs années les vrais violeurs. Éliane, déjà tourmentée psychologiquement, sombre dans la folie. Désespéré de l’état mental de sa femme, Florimond croit qu’Éliane est la victime de deux pervers qui l’ont prostituée, d’après les bruits qu’elle avait fait courir avant de perdre la raison. Il abat les deux hommes avant de réaliser son erreur.

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"Génie la folle", Inès Cagnaty1977

Marie, la petite bâtarde, parle de sa mère. Sa mère, c’est Génie la Folle, cette fille de bonne famille qui, rejetée, s’est faite domestique agricole. Sa mère, c’est ce mutisme terrible opposé à tout et à tous, à la méchanceté, à la ladrerie, à l’indifférence. C’est le mystère de cette ombre silencieuse que Marie poursuit de son amour passionné et pathétique, que Marie attend sans fin, le soir, rêvant de l’emmener loin, là où de nouveau elle pourra rire.

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"Mille pattes sans tête", François Coupry1976
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"Le bateau du courrier", Geneviève Dormann1975

Le bateau du courrier n’apporte pas toujours, dans les îles, les lettres qu’on attend. Une voix s’élève. 
Une menteuse vous parle. Un homme a disparu.
Une petite fille bizarre régente une armée de souris.
Un parachute a oublié de s’ouvrir.
Des hélicoptères survolent le Mékong dans un pays où les fleurs de pavot font de bien jolis bouquets.
A quelle heure arrive le bateau du courrier ? Quand le soir tombe sur Vientiane, c’est le matin en Angleterre.
Muriel, Denis, Lola, Jérémie, Victor Hugo, ce sont des voix qui s’élèvent sur la mer, dans le silence d’un été insulaire, pour raconter une histoire d’amour.

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"Les chasseurs deux", André Hardellet1974
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"Le vent de la nuit", Michel del Castillo1973

Une foule d’hommes et de femmes fortement individualisés, que nous reconnaissons tous, que nous côtoyons chaque jour, comme photographiés sur le vif, fléchissent dans le vent de la mort qui emporte une civilisation marquée du signe du non-sens, de l’absurde et du chaos.
Des portraits inoubliables se détachent de cette vaste fresque du XXe siècle finissant : François Le Groux, caractère énergique, intransigeant, qui s’humanise en s’enlisant dans le sentiment de l’échec moral ; l’admirable Kaïté ; Renaud Le Groux fuyant son inappétence à vivre et sa lucidité désespérée en se défaisant dans le Rien qu’incarne la noire et impénétrable figure de Boris...
Toute nuit cependant finit par accoucher du jour : Stéphane et Carlotta, enfants de la lumière, guettent l’aube qui donnera un sens à leur amour blessé.

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"Shit, Man", Alain Chedanne1972
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"Un siècle débordé", Bernard Franck1971
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"Joko fête son anniversaire", Roland Topor1970
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"A pleur-joie", Elvire de Brissac1969
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"Le soldat oublié", Guy Sager1968

Guy Sajer n’a pas dix-sept ans quand, en juillet 1942, il endosse l’uniforme de la Wehrmacht. Il est français par son père, allemand par sa mère ; il habite alors l’Alsace. A cause de son jeune âge, il
n’est pas affecté à une unité combattante, mais dans le train des équipages. Dès novembre, l’hiver s’abat sur la plaine russe ; le froid, la neige, les partisans rendent la progression des convois extrêmement difficile : jamais l’unité de Sajer n’atteindra Stalingrad qu’elle devait ravitailler ; la VIe Armée aura capitulé avant. Mais Sajer sait déjà que la guerre n’est pas une partie de plaisir, que
survivre dans l’hiver russe est déjà un combat. Et pourtant, ce premier hiver, il n’a pas vraiment fait la guerre. La vraie guerre, celle du combattant de première ligne, il la découvre lorsqu’il est versé dans la division « Gross Deutschland «, division d’élite, avec laquelle, à partir de l’été 1943, il va se trouver engagé dans les plus grandes batailles du front d’Ukraine, quand la Wehrmacht plie
sous l’offensive russe. De Koursk à Kharkov, de jour comme de nuit, dans la boue, la neige, quand le thermomètre marque -40 degrés, sous le martèlement terrifiant de l’artillerie russe, face aux vagues d’assaut d’un adversaire désormais puissamment armé et qui ne se soucie pas des pertes, les hommes de la « Gross Deutschland «, portés toujours aux endroits les plus exposés, toujours en première ligne, combattant à un contre vingt, connaissent l’enfer. La bataille de Bielgorod, le passage du Dniepr (la Bérésina à l’échelle de la Seconde Guerre mondiale) constituent, vécus au niveau
du simple soldat, deux des plus hauts moments de ce récit d’Apocalypse. Plus tard, quand le front allemand s’est désagrégé, quand l’immense armée reflue, aux combats réguliers s’ajoutera la lutte
contre les partisans, plus sauvage et plus impitoyable. Plus tard encore, c’est la retraite des derniers survivants de la division d’élite à travers la Roumanie et les Carpathes jusqu’en Pologne. Dans l’hiver 1944-1945, Sajer et ses camarades sont lancés dans les combats désespérés que les Allemands livrent en Prusse-Orientale pour interdire l’entrée du Vateriand aux Russes. C’est encore Memel, où l’horreur atteint à son comble, et Dantzig, au milieu de l’exode des populations allemandes de l’Est. Enfin, malade, épuisé, Sajer sera fait prisonnier par les Anglais dans le Hanovre... Si ce récit de la guerre en Russie ne ressemble à aucun autre, s’il surpasse en vérité, en horreur et en grandeur tout ce qui a été écrit, ce n’est pas seulement parce que l’auteur a réellement vécu tout ce qu’il rapporte, ce n’est pas seulement parce que, sous sa plume, les mots froid, faim, fièvre, sang et peur prennent l’accent et la force terrible de la réalité, c’est aussi parce que Sajer sait voir et faire voir dans le détail avec une puissance de trait vraiment extraordinaire. Alors, le lecteur ne peut douter que tout ce qui est rapporté là est vrai, vrai au détail près ; il sait de science certaine qu’il n’y a pas là de « littérature «, pas de morceaux de bravoure - mais que c’était ainsi : ainsi dans le courage et ainsi dans la peur, ainsi dans la misère et ainsi dans l’horreur.

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"L'air de Venise", Solange Fasquelle1967

Carla est une femme de quarante ans, encore belle, riche, et qui a « tout pour être heureuse », comme on dit, sauf l’essentiel: un amour.
Veuve d’un Américain qu’elle a épousé par faiblesse pour sa fortune, cette Italienne vit dans le souvenir d’une aventure de jeunesse qu’elle n’a pas osé défendre contre les tentations de la sécurité.
Qu’est devenu le jeune et beau Dino, qu’elle a jadis aimé? Vingt ans après, tout en sachant la vanité de ce retour sur le passé, Carla est revenue à Venise avec l’espoir de le retrouver, et surtout pour le plaisir amer de ressusciter son bonheur d’autrefois, dans un décor qui, lui, n’a pas changé.
Antonella, originaire d’une petite ville du sud de l’Italie, frise également la quarantaine. C’est presque une «vieille fille » déjà, sans argent, sans espoir, et pour qui ce séjour à Venise en voyage organisé est une dernière folie, dont elle rêvait depuis des années.
Ces deux femmes si- semblables et si différentes à la fois se rencontreront par hasard. L’air de Venise fera le reste. Une bizarre amitié les lie soudain, éphémère et profonde.
Ensemble, elles vont aller au-devant de leurs illusions, de leurs déceptions.
Carla pourra-t-elle remonter le temps, abolir son passé ? Antonella saura-t-elle se libérer de ses obsessions pour accueillir la chance qui s’offre à elle.

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"Une pyramide sur la mer", Michel Bataille1966

Architecte de formation, l’auteur a quitté une profession lucrative pour suivre sa vocation de romancier.
A peine sorti de l’adolescence, il remporte le prix Stendhal avec « Patrick » ; il publie ensuite un récit de voyage : « la Marche au soleil », puis, après dix ans d’interruption, deux romans suivis de celui-ci. « Une pyramide sur la mer » est un roman historique dont les principales péripéties se déroulent sous la Révolution et l’Empire. Au centre un enfant du peuple, Horace Poudrât, qui, devenu général, apprend en rentrant chez lui que sa femme, une aristocrate, le trompe avec son coiffeur ; sous le double choc de son infortune conjugale et l’effondrement de l’Empire, il part pour les îles du Pacifique en suivant le vieux rêve de son enfance. Là, parmi les Polynésiens, il recommence une nouvelle vie ; élu chef d’une tribu, il se conforme aux traditions locales et finit son existence dans la retraite et la solitude.

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"Les pierres sauvages", Fernand Pouillon1965

Ce roman se présente comme le journal du maître d’oeuvre qui, au xii’ siècle, édifia en Provence l’abbaye du Thoronet, exemple d’architecture cistercienne. Jour après jour, nous voyons ce moine constructeur aux prises avec la faiblesse des hommes et l’inertie des choses, harcelé paf les éléments contraires et, plus encore, par ses propres contradictions. La vie d’un chantier médiéval, les problèmes techniques, financiers ou doctrinaux que posait sa bonne marche, les solutions d’une étonnante modernité qui leur furent données apparaissent ici bien peu conformes à ce Moyen Age de convention dont l’image encombre souvent nos mémoires.
Cependant, cette vivante chronique de la naissance d’un chef-d’oeuvre, appuyée à la fois sur des recherches historiques origi-nales et sur une longue expérience du métier de bâtisseur, est aussi une réflexion passionnée sur les rapports du beau et du nécessaire, de l’ordre humain et de l’ordre naturel. Et elle est encore une méditation lyrique sur l’Ordre en lequel tous les ordres ont ‘leur place, et sur cet art qui rassemble tous les autres : l’architecture.
Mais elle est, d’abord, un acte de foi.

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"La rose de Büyükada", Clément Lépidis1964
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"L'enfant et le harnais", Jean Gilbert1963

Ce roman, édité chez Gallimard, vaut à Jean Gilbert le prix des « Deux Magots ». Il s’agit d’un roman autobiographique sur son enfance. C’est aussi, en quelque sorte, la « radioscopie » de la commune de Langan et de ses habitants dans les années 1940. « Le beau livre, le bon livre », affirme l’écrivain Charles Le Quintrec, « c’est un livre à l’image de notre enfance paysanne. On y sent un souffle frais de nature, un besoin de graminées, un trop-plein d’arbres et de prairies... Jean Gilbert est un poète de la prose...Oui, on découvre rarement une telle qualité de pensée et d’écriture dans un premier roman. » Jean Gilbert est né en 1930 à Langan. Il est mort en 1995 à Bobigny.

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"Le notaire des noirs", Loys Masson1962

Bien qu’anglaise depuis 1810, l’île Maurice a gardé du temps où elle s’appelait Ile de France l’habitude de notre langue et nombreux sont les Mauriciens qui parlent le français de préférence à l’anglais. Elle se partage aussi entre Noirs et Blancs, les premiers fournissant généralement le prolétariat et les seconds les éléments de la « bonne société » du pays, tel M` Emile Galantie dont l’étude est des plus prospères.
Pourtant, à la génération suivante, son neveu et successeur sera surnommé avec commisération par ses pairs le notaire des Noirs. Faillite apparente qui en masque une plus profonde : il aurait voulu être un réformateur, un martyr politique au besoin. Pourquoi ? A cause d’un enfant mort à sept ans, son cousin André.
Le drame de cette mort qu’il pensait ainsi racheter, qu’il ne se pardonne pas, six mois ont suffi à le consommer. Six mois qui débutent le jour où M Emile Galantie décide de recueillir André dont le père a dû s’exiler à Madagascar à la suite d’une malversation. Cela, l’enfant ne le sait pas. Il a fait de son père un héros dont le retour coïncidera avec la révolution. Le plus beau cadeau qu’il reçoit est une longue-vue avec laquelle il guette le navire qui le lui ramènera. Mais tout va se liguer - l’affection comme l’égoïsme - pour détruire ses illusions, ses raisons de vivre.
Et c’est avec un talent bouleversant que Loys Masson raconte cette « passion enfantine ».

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"Saint-Picoussin", Bernard Jourdan1961

Biographie :
Bernard Jourdan est un écrivain français, né dans le Var où il fut élève puis instituteur.
En 1936, à 18 ans, il publie ses premiers poèmes, en français et en provençal, dans la revue qu’il crée, et qu’il intitule «Sources».
De 1939 à 1945, il est soldat, puis prisonnier.
C’est un artisan du langage qui a produit une poésie stoïcienne qui ne révèle ses richesses désenchantées qu’à quelques-uns.
En 1961, son roman Saint-Picoussin obtient le Prix des Deux Magots.

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"Aide-mémoire pour Cécile", Bernard Landry1960
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"La fête espagnole", Henri-François Rey1959

C’est sur un coup de tête, un pari dont il n’a pas voulu se déjuger le lendemain, que Michel Georgenko s’est engagé dans les Brigades Internationales. Il a eu soudain le désir de se battre pour aider les Espagnols à conquérir la liberté ou plutôt - selon ses propres termes - pour que soit donné à tous d’entendre a la petite musique » qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Georgenko est un tendre qui se cache sous la peau d’un cynique, d’un blasé sujet au cafard. Il doit à ce qu’il faut bien appeler son altruisme de se retrouver en transit à Perpignan - et à son cafard de manquer le départ du convoi pour Barcelone. Qu’importe, il s’y rendra par ses propres moyens : ainsi rencontre-t-il en chemin Nathalie. Elle est journaliste. Elle aussi se rend à Barcelone.
Entre eux l’amour naît très vite, mais déjà la guerre attend Georgenko. Ne pourrait-il renoncer à cette folle aventure pour prendre enfin le temps de vivre heureux ? Il suffirait peut-être d’un mot de Nathalie. Elle n’ose le prononcer. Ils plongeront tous deux dans la fournaise qui embrase l’Espagne en cet automne de 1936, début de la sanglante guerre civile dont Henri-François Rey donne un aperçu d’une étonnante vérité.

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"Le premier spectateur", Michel Cournot1958

Des films de cinéma, vous en voyez sans cesse. A la longue ils auront été une part de votre vie, tout un ciel de votre mémoire. Mais comment se tourne un film, vous ne saviez pas. L’urgence, l’entraide, la fatigue, font que tous, acteurs, réalisateurs, techniciens, vivent intensément ce qu’ils vivent, entre drames et plaisanteries. C’est un film aussi, parfois plus tendu que ce qu’ils tournent. A les écouter, on croirait les voir, chacun tel qu’il est, dans son caractère et ses émotions.

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"Grain de beauté", Willy de Spens1957
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"Amère victoire", René Hardy1956

Durant la seconde Guerre mondiale, dans le désert de Libye, les troupes anglaises combattent les armées de Rommel ; le capitaine Brant est le chef d’une opération quasi suicide, dont l’objet est de détruire un camp allemand et de revenir en traversant le désert ; son second est le lieutenant Leith. Le roman se situe durant la retraite, où les deux hommes s’affrontent sur une rivalité qui a pour fond la femme de Brant, Jane. Leith est un homme courageux et droit, Brant un lâche saisi par la peur ; Brant cause délibérément la mort de Leith et rentre ; malgré le succès de l’opération, il est écarté parce qu’il a perpétré l’assassinat des habitants d’un village lors de la retraite, et par ailleurs, sa femme le quitte.

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"Histoire d'O", Pauline Réage1955

Une jeune femme libre et indépendante (libre sexuellement, pour les années 1950) est emmenée par son Les mains liées dans le dos, nue et les yeux bandés, O pénètre dans le château de Roissy, guidée par deux jeunes filles très belles aux robes d’un autre temps retroussées sur leur ventre et leurs reins nus. O passera quinze jours dans ce château où l’a amenée René, son amant adoré. Les sévices subis sont chaque jour renouvelés. O est offerte et prise, fouettée et murée dans le silence, O commence l’apprentissage de l’esclavage. Par amour pour René, O ira très loin dans la négation de soi. Elle abdiquera toute volonté et perdra définitivement sa liberté. Et si O change de maître, c’est pour mieux éprouver les plaisirs extrêmes qui résident dans le fait d’être totalement livrée, corps et âme au sens strict, à un homme qu’on aime et qui aime en retour. C’est un voyage sans retour qu’O entreprend dans des contrées méconnues où le plaisir naît d’une souffrance intolérable.

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"S", Claude Cariguel1954

1948 : Claude, après des années d’internat au collège religieux de Salvères - avec ses amitiés particulières, termine ses études secondaires à Lausanne parmi une faune cosmopolite qui ne s’intéresse qu’au jeu et aux femmes. Et c’est dans ce monde trouble et pittoresque que s’opérera le passage, «le passage de la ligne de feu qui sépare l’adolescent de l’homme ».
Diane, l’amour, « S. », l’amitié et l’admiration, feront connaître à Claude les certitudes de la vraie vie. Mais S. se tue, en laissant à Claude un message ambigu.
Maintenant, c’est Paris et Dominique qui exorcisent les poisons distillés par la mort de S. Claude, en quittant l’Europe pour Hollywood, abandonne les vestiges...

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"Touchez pas au grisbi", Albert Simonin1953

Max-le-Menteur pensait se classer parmi les hommes de poids du milieu des malfrats parisiens. Il ne lui manquait pas grand chose. Mais l’assassinat de Fredo vient tout remettre en cause. Qui a tué ce chef de bande ? Riton, son ennemi héréditaire, et meilleur ami de Max ? En son absence, c’est ce que tout le monde croit. Et pour les lieutenants de Fredo, la vengeance va être simple : tuer Max. Entre la police qui cherche Riton et les tueurs fous à ses trousses, Max n’aura pas une minute à lui.

Ce livre a fait l’effet d’une véritable bombe dans l’histoire du polar des années cinquante. Simonin y lançait un style argotique haut en couleur et en métaphores, apportant le ton neuf et enjoué qui lui est propre. Préfacé par Pierre Mac Orlan, de l’Académie française, ce livre a obtenu le prix des Deux Magots. C’est le premier d’une longue série de romans empreints d’humour et d’humanité ayant pour cadre le milieu des truands français. Ils valurent à l’auteur le surnom de «Chateaubriand de la pègre» par Léo Malet. Quant à Touchez pas au grisbi, le film de Jacques Becker avec Jean Gabin, c’est évidemment un must !

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"Le poil de la bête", René-Jean Clot1952
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"Comme le pélican du désert", Jean Masarès1951
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"L'Europe buissonnière", Antoine Blondin1950

Un jour de printemps 1968, Antoine Blondin se promène exceptionnellement dans Saint-Germain-des-Prés. La police sur le qui-vive en cette période survoltée se met soudain à courir en tous sens pour attraper un fuyard. Dans sa course, un sergent peu enclin à la littérature tombe sur Blondin. Et l’écrivain, à force de provocations, se retrouve au poste. Comme on lui demande de décliner son identité, il déclare au brigadier : «Monsieur Jadis.» «Comme autrefois», s’étonne le brigadier. « Exactement », répond Blondin. Et on le met au trou, où il passe la nuit l’oeil rivé sur une ampoule nue, peut-être à rêver au roman de sa proprevie.Parce que monsieur Jadis, c’est monsieur Blondin qui se dévoile dans ce livre écrit avec finesse et sensibilité. On y retrouve son goût immodéré pour les longues nuits alcoolisées, les amours sans trop d’illusions et son penchant exclusif pour l’amitié. Au passage, des moments de pur bonheur avec le hussard Roger Nimier, une description homérique de la bataille d’Austerlitz au cours d’une virée au Bar-Bac de la rue du même nom, et du rêve à n’en plus finir. Par l’auteur d’Un singe en hiver, chroniqueur sportif au journal L’Équipe qui écrivait, à propos des Jeux d’hiver de 1956, «Qu’importe le flocon... pourvu qu’on ait l’ivresse.»-- Stellio Paris

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"Autour de Chérubine", Christian Coffinet1949
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"Au pays du bon Dieu", Yves Malartic1948
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"L'Amour aux deux visages", Paule Malardot1947
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"Le regret de Paris", Jean Loubes1946
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"L'esprit de famille", Jean Milo1944
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"Les corps ont soif", Olivier Séchan1942

Dans un village au coeur des Cévennes, un individu au passé mystérieux va bouleverser la vie paisible d’une ferme. Jérôme travaille depuis un an chez les Faillet. Son charme auprès des femmes lui attire l’inimitié des hommes. Cependant, tous le craignent et l’admirent à la fois. À son arrivée au village, personne n’osait lui parler, sauf Julie, la femme du fermier Faillet. Elle seule lui offre sa confiance quand les autres continuent à s’en méfier. Et pour cause : elle s’est éprise de lui, de son mystère, de sa fierté ombrageuse. Secrètement, ils vont s’aimer. Il lui confiera sa vie et elle concevra un enfant. Mais, malheureusement pour Jérôme, les hommes veillent. Au cours d’une baignade dans la rivière, le mari sera le témoin caché de sa mort accidentelle en ignorant qu’il lui a donné une fille. Dans ce roman du terroir, Olivier Séchan livre un tableau des moeurs rurales et le portrait d’un homme seul contre tous.
À la recherche de l’idéal féminin, son amour se heurte au poids des traditions et à la peur de l’inconnu.
Pour avoir introduit le trouble dans une société méfiante et fermée sur elle-même, il périra comme il vécut : trahi par une femme.

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"Nos mitrailleuses n'ont pas tiré", J.M. Aimot1941

Sous forme d’un journal rédigé au jour le jour, l’auteur (qui s’avèrera par la suite un collaborationniste notoire) tente de faire revivre l’incompréhension des combattants français devant l’inaction qui, de février à mai 1940, semble frapper l’armée française. La Blitzkrieg, c’est-à-dire la guerre de mouvement, a pour effet de localiser les assauts, laissant désoeuvrés et inutiles les combattants tant soit peu éloignés du front…

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"Léonie la Bienheureuse", Pierre-Jean Launay1938

Il y a des jours où une menace semble rôder. Léonie Métayer se demande si la sourde inquiétude qui la tourmente, ne signifie pas que son mari risque un accident en allant extraire des pierres à la dynamite. Quand un charbonnier de la forêt passe demander assistance, pour sa femme, Léonie voit en lui un envoyé de la Providence qui veut éloigner Jules du danger, et elle l’incite à se rendre au Puits-Vert.
Elle est naïve, la pieuse Léonie, et bien ignorante du train du monde. Elle croit que le calme qui règne à la ferme de la Plainière est celui du bonheur tranquille - c’est celui de l’eau dormante. Comment imaginerait-elle le bouillonnement de l’esprit et de la chair chez les autres elle qui ne rêve plus que de voir son fils unique Jacques devenir prêtre, elle qui ne songe qu’à prier et à faire son salut?
La jolie Justine du Puits-Vert, dans sa cabane, n’aura guère de mal à réveiller l’eau qui dort, à séduire le beau et riche fermier normand. Léonie finira par savoir, sans trop comprendre. La foi ne donne pas d’arme contre le démon de midi, la piété pas de recette ni de charme - au double sens du terme...
Ainsi commence une poignante tragédie paysanne qui a reçu la consécration du Prix Renaudot en 1938.

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"Plaisir d'amour", Georges Pillement1937
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"Etrange famille", Michel Matveev1936
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"Monsieur Jean ou l'Amour absolu", Georges Ribemont-Dessaignes1934
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"Le Chiendent", Raymond Queneau1933

«Depuis qu’elle avait vu un homme écrasé, vers les cinq heures de l’après-midi, devant la gare du Nord, Mme Cloche était enchantée. Naturellement elle disait qu’elle n’avait jamais vu une chose plus horrible que ça ; et il devait en être ainsi, car le pauvre Potice avait été soigneusement laminé par un autobus. Par une série de hasards soigneusement préparés, elle se trouva assise, vers la même heure, en face du même endroit, à la terrasse d’un café qu’une bienheureuse coïncidence avait justement placé là. Elle commanda-t-une camomille, et patiemment, attendit que la chose se renouvelât.»

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