Le Prix des Deux Magots
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Tous les lauréats :











2000
«La Vraie joie »,
Philippe Hermann



1999
«La Chambre des officiers »,
Marc Dugain


1998
«Alexandrie »,
Daniel Rondeau


1997
«Nous serons comme des Dieux »,
Eve de Castro


1996
«Barbe à Papa »,
Eric Neuhoff


1995
«Monsieur Henry »,
Pierre Charras


1994
«Annam »,
Christophe Bataille


1993
«Le Très-Bas »,
Christian Bobin


1992
«Au Péril de la mer »,
Bruno Racine


1991
«Sade vivant »,
Jean-Jacques Pauvert


1990
«Roger Nimier »,
Olivier Frébourg


1989
«L’Impromptu de Madrid »,
Marc Lambron


1988
«La Mille et unième rue »,
Henri Anger


1987
«La Bataille de Wagram »,
Gilles Lapouges


1986
«Eugénie les larmes aux yeux »,
Eric Deschodt


1985
«Mémoires minuscules »,
Arthur Silent


1984
«Patchwork »,
Jean Vautrin


1983
«La dernière mise à mort »,
Michel Haas


1982
«Macaire le Copte »,
François Weyergans


1981
«Sol invinctus »,
Raymond Abellio


1980
«L'Appel des vivants »,
Roger Garaudy


1979
«Le Bal des débutantes »,
Catherine Rihoit


1978
«L'Eté meurtrier »,
Sébastien Japrisot


1977
«Génie la folle »,
Agnès Cagnaty


1976
«Mille pattes sans tête »,
François Coupry


1975
«Le Bateau du courrier »,
Geneviève Dormann


1974
«Les Chasseurs deux »,
André Hardellet


1973
«Le Vent de la nuit »,
Michel del Castillo


1972
«Shit, Man »,
Alain Chedanne


1971
«Un siècle débordé »,
Bernard Frank


1970
«Joko fête son anniversaire »,
Roland Topor


1969
«A Pleur-Joie »,
Elvire de Brissac


1968
«Le Soldat oublié »,
Guy Sager


1967
«L'Air de Venise »,
Solange Fasquelle


1966
«Une Pyramide sur la mer »,
Michel Bataille


1965
«Les Pierres sauvages »,
Fernand Pouillon


1964
«La Rose de Büyükada »,
Clément Lépidis


1963
«L'Enfant et le harnais »,
Jean Gilbert


1962
«Le Notaire des noirs »,
Loys Masson


1961
«Saint-Picoussin »,
Bernard Jourdan


1960
«Aide-mémoire pour Cécile »,
Bernard Landry


1959
«La Fête espagnole »,
Henri-François Rey


1958
«Le Premier spectateur »,
Michel Cournot


1957
«Grain de beauté »,
Willy de Spens


1956
«Amère victoire »,
René Hardy


1955
«Histoire d'O »,
Pauline Réage


1954
«S »,
Claude Cariguel


1953
«Touchez pas au grisbi »,
Albert Simonin


1952
«Le Poil de la bête »,
René-Jean Clot


1951
«Le Pélican dans le désert »,
Jean Masarès


1950
«L'Europe buissonnière »,
Antoine Blondin


1949
«Autour de chérubine »,
Christian Coffinet


1948
«Au Pays du Bon Dieu »,
Yves Malartic


1947
«L'Amour aux deux visages »,
Paule Malardot


1946
«Le Regret de Paris »,
Jean Loubes


1944
«L'Esprit de famille »,
Jean Milo


1942
«Les Corps ont soif »,
Olivier Séchan


1941
«Nos mitrailleuses n'ont pas tiré »,
J.M. Aimot


1938
«Léonie la bienheureuse »,
Pierre Jean Launay


1937
«Plaisir d'amour »,
Georges Pillement


1936
«Etrange famille »,
Michel Matveev


1935
«Charbon de mer »,
Jacques Baron


1934
«Monsieur Jean ou l'Amour absolu »,
Georges Ribemont-Dessaignes


1933
«Le Chiendent »,
Raymond Queneau




2000 - « La Vraie joie », Philippe Hermann

" Parfois, je pense encore que je pourrais ranimer, par un simple effort de ma volonté, les jours que j'ai laissés s'enfuir sans le connaître, les jours déjà anciens et légendaires où je pouvais me rendre rue du Nouveau-Siècle, monter quelques marches, frapper à une porte de bois verni et voir le visage de Wanda, d'abord craintif et incertain, me sourire enfin. Cette illusion renaît surtout vers la fin du jour, quand mon ombre s'étend dans les rues froides. La lumière a été maigre toute la journée, et déjà les quelques personnes que j'aperçois se hâtent vers le journal télévisé et le repas du soir. Leur peau est blafarde, une peau de mars, une peau d'hiver long et humide, et sur celle des hommes des picots noirs dessinent un masque de fatigue. Ici, dans ce quartier, les gens ne partent pas à la neige, il ne fêtent pas la nouvelle année sous les tropiques. Moi non plus, mais peu importe. Je ne veux pas m'éloigner de ces avenues et de ces places où je marche au hasard, même si un événement incompréhensible a tranché ma vie entre un avant et un après, sans que mes actes désordonnés puissent rien y changer. " Une confession terrible une plongée lucide, cruelle… et drôle dans la réalité implacable de cette fin de siècle. Philippe Hermann est né en 1962 à Arras. La Vraie Joie confirme le talent et l'originalité déjà à l'œuvre dans son premier roman, Technicien chair (Belfond, 1998).